À partir du 1er janvier 2027, l’Assurance maladie remboursera moins bien les soins courants chez le dentiste : sa part passera de 60 % à un taux compris entre 40 % et 50 % de la base de remboursement. Le taux exact n’est pas encore fixé, et plusieurs publics restent protégés.
- Le décret n° 2026-809 du 21 août 2026 relève le ticket modérateur dentaire de 35-45 % à 50-60 % au 1er janvier 2027.
- Jusqu’au 31 décembre 2026, la prise en charge actuelle de 60 % de la base reste applicable.
- Le gouvernement vise 50 %, mais c’est l’Uncam qui doit arrêter le taux définitif.
- Le panier 100 % Santé, les rendez-vous M’T dents, les soins liés à une ALD et les bénéficiaires de la C2S sont épargnés.
Que prévoit le décret du 21 août 2026 ? #
Le décret n° 2026-809 du 21 août 2026, publié au Journal officiel du samedi 22 août, porte sur la prise en charge des honoraires des chirurgiens-dentistes et de certains actes de soins dentaires. Il modifie l’article R. 160-5 du code de la sécurité sociale.
Concrètement, la fourchette de participation laissée à l’assuré, le ticket modérateur, passe de 35-45 % à 50-60 %. Par effet miroir, la part de l’Assurance maladie se situera entre 40 % et 50 % de la base de remboursement, contre 60 % aujourd’hui. Le texte entre en vigueur le vendredi 1er janvier 2027.
Ce n’est pas la première baisse : le 1er octobre 2023, la prise en charge des soins dentaires par l’Assurance maladie était déjà passée de 70 % à 60 %.
Qui fixe le taux définitif, et quand ? #
Le décret ne fixe qu’une fourchette. Comme le rappelle Caducee.net, c’est l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) qui doit arrêter le taux applicable à l’intérieur de ces nouvelles bornes.
Le gouvernement a annoncé viser une prise en charge de 50 %, mais ce chiffre n’est pas inscrit dans le décret. Au 10 octobre 2026, aucun taux définitif n’a été publié. Les représentants des chirurgiens-dentistes se sont fortement opposés à la mesure.
Combien cela peut-il coûter en plus ? #
Le remboursement se calcule sur la base de remboursement, le tarif de référence de l’Assurance maladie, et non sur le prix facturé. Le tableau ci-dessous est une simulation pédagogique sur une base fictive de 100 €, avec le scénario de 50 % annoncé par le gouvernement.
| Pour une base de 100 € | Jusqu’au 31/12/2026 | Scénario 2027 à 50 % | Plancher autorisé (40 %) |
|---|---|---|---|
| Part Assurance maladie | 60 € | 50 € | 40 € |
| Ticket modérateur | 40 € | 50 € | 60 € |
Le ticket modérateur est en général couvert par la complémentaire santé. La différence se reporte donc d’abord sur les mutuelles, qui peuvent la répercuter sur leurs cotisations. Pour une personne sans complémentaire, la hausse du reste à charge sera directe. Les éventuels dépassements au-delà de la base ne changent pas de régime : ils restent à la charge du patient ou de sa mutuelle.
Qui reste protégé ? #
Selon la notice du décret, plusieurs situations sont maintenues sans reste à charge supplémentaire :
- le panier 100 % Santé dentaire (certaines couronnes, bridges et prothèses amovibles), dont la prise en charge intégrale est conservée ;
- les rendez-vous de prévention annuels « M’T dents tous les ans ! » de 3 à 24 ans ;
- les soins en lien avec une affection de longue durée (ALD) ;
- les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, soit environ 8 millions de personnes.
Pour une prothèse, le choix du panier compte donc davantage. Un repère sur les écarts de prix existe dans ce dossier sur le coût d’un dentier.
Quels réflexes avoir d’ici janvier 2027 ? #
Premier réflexe : relire les garanties dentaires de son contrat. Une garantie « 100 % de la base de remboursement » additionne la part de la Sécurité sociale et celle de la mutuelle, dans la limite de cette base : elle ne couvre pas un dépassement.
À lire Avantages et inconvénients des options courantes en mutuelle santé
Deuxième réflexe : pour un soin important, demander un devis détaillé (base de remboursement, panier 100 % Santé ou non, reste à charge estimé) et le transmettre à sa complémentaire avant de commencer. La même logique vaut pour un traitement long, comme le montre ce guide sur le budget d’une orthodontie adulte.
Troisième réflexe : pour les 3-24 ans, profiter du bilan M’T dents annuel. Enfin, reporter un soin nécessaire pour des raisons de calendrier n’est jamais anodin : la décision appartient au patient et à son chirurgien-dentiste.
Questions fréquentes #
Quand la baisse du remboursement dentaire s’applique-t-elle ?
La Sécurité sociale remboursera-t-elle exactement 50 % ?
Le 100 % Santé dentaire est-il supprimé ?
À retenir #
Au 1er janvier 2027, la part de l’Assurance maladie sur les soins dentaires courants descendra entre 40 % et 50 % de la base, le taux précis restant à fixer par l’Uncam. Le 100 % Santé, M’T dents, l’ALD et la C2S sont préservés. D’ici là, vérifier son contrat et demander des devis détaillés évite les mauvaises surprises.
Cet article fournit une information générale et ne remplace pas un avis médical. Pour votre situation, consultez un professionnel : votre chirurgien-dentiste, votre complémentaire santé et votre caisse d’Assurance maladie (ameli.fr).


